Prologue:
Les feux follets sont des créatures appartenant au peuple de la forêt. Ils apparaissent généralement sous la forme de petites flammes, de flammeroles, de boules de feu ou d'émanations phosphorescentes qui se manifestent la nuit, près des cimetières ou au dessus des marécages. Les feux follets sont des esprits malfaisants, prenant l'apparence de jeunes garçons porteurs de lanternes, qui entraînent les voyageurs égarés pour les précipiter dans un étang ou au fond d'un précipice.
Que comprendras-tu de cette histoire?
Dis-le moi.
__Perdue dans le noir, elle devait avancer. Elle s'enfonçait chaque jour, de plus en plus, dans ce marécage de souffrance. Il fallait pourtant qu'elle brave cette épreuve, chaque jour, pour revenir vers la lumière. Tous les matins, la même chanson, la même rengaine. Sortir dans le froid, être aux prises de la tristesse, et surtout seule. Seule dans un marécage de souffrance. Elle quittait le chemin, pour s'envoler vers son destin. Mais elle ne volait plus. Depuis longtemps, elle ne faisait plus que s'enfoncer dans les méandres de son coeur. Elle s'enfonçait de plus en plus dans un monde qui lui était totalement étranger. Hélas, elle devait avancer, ne jamais se retourner, ne plus se souvenir du passé. Dans cette tourbière infernale, le froid lui arrachait à chaque pas un hurlement muet de tristesse. Chaque pas lui coûtait un cri, refoulé, qui lui éteignait peu à peu la faible lueur de son coeur. Il se refermait sur lui-même, le soleil ne pouvait plus l'inonder de sa chaleur. Cette chaleur, qui lui brûlait ardemment le corps, était loin, ce n'était plus qu'un vague souvenir. Plus elle s'enfonçait dans cet immense marécage, plus l'espoir se réduisait. Elle perdait de plus en plus le goût des choses. Les journées qu'elle passait dans ce monde, lui semblait des siècles. Les jours se ressemblaient trop, et chacun d'eux passés n'étaient que déception, et accumulation de tristesse. L'éternité des jours l'épuisé, et le soir tombé, elle était bercée par l'illusion d'un sommeil absolu. Mais, hélas, les nuits étaient aussi d'éphémères qu'une minute. Le noir l'enveloppait de son manteau chaleureusement froid. Autour d'elle, des saules pleureurs plus sinistre les uns que le autres lui rappelaient son chagrin. Le visage ravagé par la tristesse, elle avait l'impression que plus rien au monde ne pourrait l'aider. Les larmes qui perlaient sont regard, et glissaient sur ses joues, n'étaient pas dues qu'au froid lacérant. La mousse sur laquelle elle posait ses pieds l'attirait vers l'abysse. Elle luttait pourtant. Elle ne voulait pas sombrer. Alors elle courait, à travers les arbrisseaux, elle évitait tant bien que mal les trous d'eaux stagnantes. Ses bras écartaient violemment les joncs qui l'empêchaient de passer. Soudain, elle s'arrêta. Devant elle, elle vit une lumière. Un bruit de grincement accompagnait le balancement de la nouvelle lueur. Elle ne savait que faire. Cette lumière commença à faiblir, emportée par le vent. Puis, le grincement cessa. La lumière brilla une dernière fois. Elle se mit alors à courir vers l'endroit où la lumière c'était éteinte. Elle tomba brutalement à genoux, les mains appuyées sur le coeur. Devant elle se dressait un jeune garçon, enveloppé d'un manteau d'ombres. Il tenait à la main une lanterne. Cet esprit, mi ombre, mi enfant, semblait lui indiquer un chemin à suivre. La lumière de la lanterne la rassurait, elle n'avait pas vu le jour depuis longtemps. Son c½ur se fendit, est elle se retrouva recroquevillé sur le sol. L'Ombre juvénile reculait doucement. Elle était prise de peur face à quelque chose derrière le corps immobile de la jeune fille. Elle regarda l'Ombre, puis se retourna avec la peur au ventre. Une lueur familière, rassurante, lointaine, se tenait derrière elle. Son coeur poussa un cri de douleur. L'Ombre essayait de l'attirait vers sa lanterne. De son coeur, sortit une boule de lumière. Sa clarté bleue lui rappela un murmure lointain... Ne pas suivre la lanterne. La bulle se matérialisa alors en femme, sans visage, dont les contours étaient flous. Elle enveloppa la jeune fille dans un voile fluide et chaud. La femme se redressa de toute sa hauteur, et prit dans les replis de son voile une pierre. La femme l'envoya dans la trou d'eau le plus proche. L'Ombre se volatilisa alors parmi la brume, dans un rire sinistre. La jeune fille sentie qu'elle s'envolait. Elle s'élevait au dessus du marais. Elle reprenait peu à peu conscience de tous les sentiments qui l'avaient envahi, et la chaleur étouffa toute marque de peur.
Le chemin qu'elle avait quitté depuis longtemps réapparu. Elle se posa sur le sol, et la femme la regarda une dernière fois avant de retrouver sa place, dans son coeur. Autour de la jeune fille, une multitude de personne était là. Des gens qu'elle avait inquiétés lui souriaient. Alors, elle fit ce qu'elle n'avait pas fait depuis longtemps. Elle sourit. Son coeur lui rappela alors de vielles paroles qu'elle n'avait jamais comprise jusque là...
« Don't follow Jack with the lantern. »
Tous les personnages sont fictifs.
Un rapport avec la réalité n'est que fruit de l'imagination.